Madagascar : 130 députés sur 131 votent pour la destitution d'Andry Rajoelina, malgré la dissolution de l'Assemblée nationale - Outre-mer La 1ère
Dans un communiqué posté sur les réseaux sociaux ce mardi 14 octobre, Andry Rajoelina annonce la dissolution de l'Assemblée nationale malgache. Le vote des députés visant à sa destitution s'est tout de même tenu cet après-midi. Les députés se sont prononcés pour la destitution du président malgache.
Le vote de la destitution du président s'est tenu malgré la dissolution de l'Assemblée nationale annoncée · ©Capture d'écran TVM Loin d'envisager sa démission, pourtant toujours exigée par les manifestants de la Grande-Ile, ce mardi, le président de la République malgache Andry Rajoelina annonçait ce mardi matin, la dissolution de l'Assemblée nationale.
Une décision qui intervient alors que les députés malgaches, notamment de l'opposition, tentaient de procéder à sa destitution par le vote. Un vote qui a tout de même eu lieu dans l'après-midi.
131 députés sur les 163 étaient présents. 130 se sont exprimés pour la destitution du président malgache.
La validité des votes reste encore floue, autant que celle du communiqué de la Présidence, annonçant la dissolution de l'Assemblée nationale. C'est la Haute Cour Constitutionnnelle qui devrait trancher.
L'annonce de cette dissolution devait empêcher la procédure de destitution enclenchée par l'Assemblée nationale. Elle intervient au moment où les députés malgaches, notamment de l'opposition, prévoyaient un vote visant à destituer le président pour "abandon de poste".
Mais cette dissolution n'a pas eu raison de la tenue des votes. Les députés de l'Assemblée nationale ont voté cet après-midi la destitution du président Andry Rajoelina.
Toujours dans un communiqué, cette fois signé par la Direction de la Communication du gouvernement, la Présidence de la République estime que la tenue de cette réunion est "dépourvue de base légale et contraire aux dispositions de la Consitution."
Pour rappel, Andry Rajoelina avait écarté toute possibilité de démission hier dans son allocution et avait insisté sur le fait que le pays devait rester dans le cadre Constitutionnel "afin de ne pas subir des sanctions de la communauté internationale". Le chef de l'Etat avait réitéré son appel à l'unité nationale et à prendre ses responsabilités pour redresser le pays.
Ce mardi matin, Andry Rajoelina recomposait aussi son entourage et nommait Rajaoarinelina Lova Tahina, conseillère spéciale du président de la République en charge des Relations avec les Institutions.
Fait rare, en raison de sa fuite de la Grande Ile, le communiqué "Fait à Antananarivo, le 14 octobre 2025" n'est pas signé de la main d'Andry Rajoelina.
Signé depuis l'étranger, sans cachet officiel ni signature originale et simplement posté sur la page Facebook de la Présidence de la République de Madagascar, la question de la valeur légale et de l'authenticité de ce communiqué en droit malgache se pose.
Certains membres du collectif de la Gen Z estiment qu'il pourrait être contesté devant le Conseil d'Etat pour irrégularité et suspendu jusqu'à vérification de son authenticité.
Pour rappel, hier soir, lors d'une prise de parole de 26 minutes sur les réseaux sociaux, le président malgache avait confirmé sa fuite.
Andry Rajoelina a quitté Madagascar ce dimanche 12 octobre. Il a d'abord quitté le Palais présidentiel de Iavoloha en hélicoptère et atterri sur l’île de Sainte-Marie dans l’Est de la Grande Ile, où un avion de l’armée française, un CASA CN235, l'attendait sur place, pour se rendre à La Réunion, où il n'a fait qu'une escale.
Le Président Malgache s'est ensuite envolé vers Dubaï, à bord d'un avion privé de la compagnie allemande Vistajet.
On ignore pour le moment s'il a réalisé son allocution depuis la première ville des Émirats arabes unis ou s'il ne s'agissait que d'une nouvelle escale dans sa fuite.

